Pierre Coudouy photographe

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Sur la route avec Attac & la Conf’
Bové capturé, emprisonné & libéré
Au deuxième tour : Chirac ou Le Pen ?
Visite à Embadac, usine occupée.

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Actualité & Citoyenneté

Sur la route avec Attac & la Conf’

© Pierre Coudouy (N°SIRET : 432 172 377 00017 / Adhérent UPC & SAIF)


Quel rapport entre cette enseignante à la retraite, militante de tout les coups, et cet indien, paysan bolivien, futur candidat aux élections présidentielles de son pays, entre ce jeune militant occitan et ce cadre d’une grosse entreprise internationale, entre cet artisan prospère et ce couple de néo-ruraux, recyclés dans l’agriculture biologique, entre cette famille de berger, en haute montagne et ce haut fonctionnaire, impliqué dans le milieu associatif, entre cet ancien résistant... toujours résistant et cette jeune graphiste, qui fait des petits boulots, pour survivre ? Quel rapport ? Aucun rapport, en tout cas avec ces gens casqués et cagoulés, que l’on a si souvent vus (et revus), dans les médias. Quel rapport entre ces "Paysans" et ces "Citoyens" ? Tous "Paysans" et tous "Citoyens", pour une même idée, une même démarche. Tout simplement, parce qu’un autre monde est possible.

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"Tous au supermarché !" (Oloron-Ste-Marie, 23.02.2001)

Sur fond de crise bovine, la Confédération Paysanne du Béarn veut vérifier la traçabilité de la viande, dans un petit supermarché. "Allez voir plutôt chez nos concurrents, en face. Nous, nous travaillons avec des gens du coin. On a même fait un rayon spécial.
- Ce n'est pas parce que vous jouez le jeu des productions locales, que vous ne devez pas être controlé." Le responsable du rayon viande, très à l’aise face au micro de la jeune journaliste de Radio France, le sera moins, plus tard, face aux syndicalistes paysans. Surtout que la "pêche" a été particulièrement bonne : une de ces barquettes (d’une "grande" marque) est particulièrement transparente, même le numéro de téléphone du producteur est faux... Les cadres du supermarché ont du mal à se défendre, mais, ils ne sont que partiellement coupables, eux aussi, subissent la loi du marché, comme ils ont fait subir cette même loi aux artisans bouchers du coin, et donc, aux petits producteurs, depuis déjà quelques années.

Mal-bouffe... (Pau, 30.06.2001)

Les consommateurs ont le pouvoir de faire bouger les choses. Le pouvoir, aussi de dire des choses. Les "mamies" font de la résistance, en brandissant leur banderole et en faisant signer la pétition contre ce quatrième Mac Do, pour l’agglomération paloise : "On vous enquiquine pour poser un vélux sur votre toit, et à côté, ils vont construire cette horreur ! Pau, ville authentique, tu parles !
- A mon âge ! Vous vous rendez compte ? C'est la première fois que je manifeste..."

Chassé croisé à la Préfecture (Pau, 09.03.2001)

Dans cette crise bovine (après la vache folle, la fièvre aphteuse...) les aides annoncées par le gouvernement ne correspondent pas à la réalité des exploitations de polycultures, élevages les plus répandues dans le Béarn. Escortés par deux motards, les membres de la Confédération Paysanne vont rejoindre le centre ville, pour se retrouver devant la Préfecture. Juste avant, une délégation de la FDSEA a quitté la Préfecture par une "sortie de secours", de peur de devoir passer sous la banderole de la Confédération Paysanne, installée au dessus de la grille d’entrée. Pendant ce temps, dehors, un jeune consommateur interroge les syndicalistes sur les risques de contamination par la fièvre aphteuse, un autre se pose la question : "Pourquoi fait-on croire que les produits bio ne sont réservés qu’aux riches ?"

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Le Dieu Maïs (Pau, 19.09.2002)

Nouveau rendez-vous à Pau, ce coup-ci, devant le Palais Beaumont, où a lieu le congrès de l’AGPM, Association des Gros Producteurs de Maïs (au moins, ils ont le mérite de ne pas tromper sur la marchandise...). Les congressistes auront même la visite du nouveau Ministre de l’Agriculture. En face, Attac, la Confédération Paysanne, E.L.B. (syndicat paysan du Pays Basque, affilié à la Confédération Paysanne et, majoritaire aux dernières élections) et Greenpeace sont tenus à distance (réglementaire) par un cordon de force de l’ordre, assez "remonté".

O.G.M. ? Non merci ! (Pau, 17.04.2001)

Pour cette Journée Internationale des Luttes Paysannes, une première action a lieu à Garlin (30 km au nord de Pau), chez un semencier "américain" Golden Harvest. Puis, à Pau dans une grande surface, pour informer les consommateurs et les sensibiliser sur les risques liés aux OGM. Les responsables de ce grand réseau de distribution ont été prévenus de l’action. Le but : recherche d’intrus OGM, dans certains produits. Contrôle négatif. Puis, c’est la distribution... Un consommateur, un tract. Un autre consommateur, un autre tract. Et ainsi de suite... c’est "les Temps Modernes".

Hold-up sur le vivant, avec Monsanto (Peyrehorade, 29.05.2001)

Au coeur de l’Aquitaine, dans le département des Landes, la société transnationale Monsanto installe le laboratoire d’expérimentation génétique sur les plantes, le plus important d’Europe. Malgré un soleil de plomb (plus de 40° à l’ombre), la mobilisation est grande (tout le Sud-Ouest, et même le nord de l’Espagne), pour marquer le coup à l’occasion de cette inauguration. Parfois, le débat s’installe entre les manifestants et les cadres de l’entreprise. Parfois, certains regrettent d’avoir prononcé certaines phrases ("Vous ne connaissez pas le sujet. Vous êtes des IGNORANTS") ; parfois certains (les mêmes) ne regrettent pas d’avoir une protection rapprochée... Une poignée de jeunes élèves d’un lycée agricole proche sont particulièrement motivés : "Regardez ! Voilà le résultat de vos expérimentations ! Même les rats sont crevés !". Plus tard, ils seront "dégoûtés" de croiser le regard d’un de leur prof quittant les lieux, après l’inauguration.

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"€tonnants paradi$" (de France en Andorre, 09.06.2001)

Un des objectifs d’Attac est la lutte contre les paradis fiscaux (Jersey, Lichtenstein, Andorre, etc). La proximité de l’Andorre a mobilisé tout les militants du sud de la France, et même d’Espagne et d’Italie. En fer de lance, c’est Attac 09 (l’Arriège est limitrophe de l’Andorre) qui a organisé cette journée. Premier rassemblement des troupes à Ax-les-Thermes, devant le Casino ("Les jeux sont faits..."), pour des animations, des surprises et un pique-nique géant. Tout était prévu, sauf le coup d’éclat du responsable de l’agence bancaire, peu joueur, qui fait appel à du renfort. Il avait pourtant était prévenu de la mise en scène, mais, peut-être avait-il quelque chose à se reprocher ("Allez directement en prison, sans passer par la case départ et sans toucher les 20000 francs... euros, dollars") ? Enfin, c’est la montée vers la frontière andorrane, au Pas-de-la-Case, pour une action finale. Les douaniers et les consommateurs sont très compréhensifs et bien sages, seul un ressortissant allemand (du Lichtenstein, peut-être ?), n’a pas apprécié l’odeur de l’argent sale proposé et l’a jeté par la fenêtre... très décevant pour la presse régionale qui "espérait" un bain de sang ! Protégé par son rempart en carton, à travers sa meurtrière, l’assiégé(e) surveille ses agresseurs, mais sa vigilance ne suffira pas et le mur de l’argent sale sera piétiné rageusement par les militants.

Alerte à l’effet de serpe dans le Gers (Labrihe, 28.08.2001)

Le collectif anti-OGM du Gers mobilise ses troupes et celles des départements voisins, pour le "fauchage citoyen" d’un champ de maïs transgénique, repéré près de Mauvezin, au nord-est d’Auch. Le Gers, avec ses 16 essais, est le plus "excellent" terrain d’expérimentation. Difficile de se tromper : le champ est surveillé par les forces de l’ordre ! Les 150 citoyens responsables de leurs actes, sont passés à l’action pour raser cette parcelle, plantée par la multi-nationale Monsanto. Une feuille de présence est signée sur le champ, afin que chacun pose acte de sa responsabilité dans cette action de résistance citoyenne. Trois personnes "choisies au hasard" (un porte-parole de la Confédération Paysanne, la présidente du Groupement des Agriculteurs Biologiques et Biodynamiques du Gers, le secrétaire d’Attac Gers) ont comparu devant le tribunal d’Auch à peine deux mois plus tard.

Procès des plantes transgéniques... début ? (Bordeaux, 28.02.2001)

Jean-Pierre Leroy, porte-parole de la Confédération Paysanne Aquitaine est convoqué au tribunal de Bordeaux. Extrait du tract distribué par le comité anti-mondialisation libérale de Bordeaux : "Accusé, levez-vous. Monsieur vous êtes accusé, outre le fait d’être militant de la Confédération Paysanne d’avoir, en l’an 1999 et le 29 du mois de mai sur les terres de Bassane, près de La Réole, procédé au nettoyage précis, méthodique et préventif de quelques arpents de colza transgénique et ce, en présence de paysans indiens".

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Procès des plantes transgéniques... suite ? (Bordeaux, 28.02.2001)

A l’intérieur du tribunal, la présence des "stars" de la Conf’ provoque quelques bousculades (faible mobilisation des médias, selon la Préfecture). Pour les mêmes raisons, les forces de l’ordre se sont déplacées en nombre, autour de ce même tribunal (forte mobilisation de la justice, selon les organisateurs). Les gardiens du temple ne veulent pas laisser entrer la femme du prévenu dans la salle d’audience, mais laissent se promener n’importe qui à l’intérieur du tribunal, à condition d’avoir une caméra ou un appareil photo... société du spectacle ?

Premier (r)appel (Montpellier, 20.12.2001)

En juin 99, en présence de paysans indiens, des plants de riz transgéniques sont neutralisés dans une serre du CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) de Montpellier. En novembre 2001, le procureur a requis des peines très sévères (dont de la prison ferme, pour certains) contre trois paysans, pour leur participation. "Depuis quelques années, des firmes semencières et agrochimiques sont parties à la conquête d’un marché planataire, par l’utilisation marchande de la manipulation génétique des semences." En ce 20 décembre 2001, la cour de Montpellier doit rendre son arrêt. Le tribunal est pacifiquement envahi par les nombreux militants, puis c’est l’attente du résultat et de la conférence publique. Les "cadres" de la Confédération Paysanne sont, aussi, sollicités par de nombreux citoyens, pour des cas dépassant le cadre des problèmes agricoles. L’injustice est le premier moteur de cette contestation.

Deuxième (r)appel (Foix, 17.09.2002)

Changement de décors, après la zone industrielle de Montpellier, la ville fortifiée de Foix attends les faucheurs d’OGM, pour un nouveau combat. Le tribunal, domminé par les tours du château, semble comme écrasé. Ce coup-ci, ce sont 9 citoyens, faucheurs de colza transgénique, qui sont convoqués par la justice. L’Ariège n’a pas usurpé sa réputation militante. Si le tribunal est petit, le reste de la ville propose suffisamment de place pour accueillir un grand nombre de stands d’associations, de dégustation, d’information et autres. Une grande estrade, pour les animations et les conférences de presse et un chapiteau pour les conférences et les débats, couronnent le tout. Buvette et ambiance assurée.